Entre Bastille et Oberkampf, sur la rue Saint-Sébastien — épicentre du 11ᵉ cool — une adresse fait parler d’elle depuis son ouverture. Shuzo, c’est le projet d’Andrés Ramirez et Gina Villacob : un izakaya tropical qui marie l’ADN du Japon à la générosité colombienne. Couronné aux Time Out Food & Drink Awards 2025 en catégorie fusion, l’endroit est devenu l’un des coups de cœur les plus commentés de la rentrée parisienne. On y est allé, on vous raconte.
Le lieu : le Japon et la Colombie sous le même toit
Dès l’entrée, le ton est donné : néons discrets, palmiers, bois clairs, platine vinyle bien en vue. On est quelque part entre un bar de quartier de Tokyo et une cantine chic de Bogotá. Le nom lui-même résume le concept : contraction de shiso (la plante aromatique japonaise) et chuzo (les brochettes de rue colombiennes). Tout un programme, et ça tient ses promesses.
La salle n’est pas immense — on est plutôt sur le format intime — et c’est une bonne chose. Plus tard dans la soirée, Gina Villacob passe derrière les platines : cumbia, afrobeat, japon instrumental, musique brésilienne. Ça transforme le dîner en vraie soirée, sans basculer dans le bar. L’équilibre est finement dosé.
Aux fourneaux : Andrés Ramirez, deux cultures, vingt ans de métier
Andrés Ramirez n’est pas un chef tombé dans la fusion par effet de mode. Colombo-japonais, il a passé 20 ans dans les cuisines en Colombie, en France et au Japon. Ancien chef chez Rose Bakery, il avait déjà lancé Doki Doki, un bar à hand roll qui avait marqué son monde. Chez Shuzo, il fait le lien entre ses deux héritages culinaires avec un naturel désarmant.
Le résultat : une cuisine de petits plats à partager où chaque bouchée raconte quelque chose. Pas de fusion gadget, pas de mix forcé — c’est plutôt un dialogue entre deux cuisines qui se respectent, avec les techniques japonaises (marinades, cuissons précises, découpes) et les ingrédients colombiens (manioc, plantain, tamarillo, maïs).
La carte : petites assiettes, grand voyage
On démarre par les entrées qui posent l’ambiance : tartare de pastèque fumée à la mousseline de noix de cajou et tuiles de maïs (10€) — déjà, c’est brillant. Le smoking de la pastèque donne une profondeur quasi-umami, la cajou arrondit, le maïs apporte le croustillant. La croquette de banane plantain (12€ les trois) est un must absolu, à manger brûlante. L’empanada au boudin noir (10€ les trois) fait office de pont entre les deux mondes — classique colombien revu avec l’élégance nippone.
Côté brochettes, okra ou poulet (10€ chacune) grillés minute, avec la « sauce Shuzo » maison qui vaut qu’on mouille la dernière bouchée de riz dedans. Le tamal aux shiitakes et kombu (13€) est la pièce conceptuelle : végétarien, profond, travaillé. Et pour le plat qui rassemble tout le monde : le chashu-chicharron porchetta (17€) — un porc lentement confit à la japonaise, grillé à la colombienne. Gros souvenir.
Ambiance & expérience : à quelle heure, avec qui ?
Shuzo est un endroit pensé pour la soirée. On y vient à 20h pour un dîner posé, on y reste jusqu’à 23h ou plus quand Gina lance ses sets. L’ambiance est festive sans être bruyante, chic sans être guindée — le cocktail parfait pour :
- Un rendez-vous un peu original — on sort du sushi bar convenu
- Un dîner entre amis à 4-6 personnes, format partage roi
- Une soirée après le boulot le vendredi, avec un cocktail et quelques brochettes
Côté cocktails, la carte est travaillée : pineapple-palo santo, mezcal-eucalyptus, gin tonic basil-shiso, espresso martini tropical. Comptez 14€ le cocktail. La carte des vins propose une belle sélection hispanique — Contraban de Jordi Esteve (50€), La Petita de Cal Tiques (42€) — et quelques pépites japonaises en sake.
Petite nuance : la salle peut se remplir vite les vendredi et samedi, donc réservez dès que vous savez votre date. Le midi samedi fait moins cohue si vous cherchez plus de tranquillité.
Warum lieben wir es?
- Une fusion qui a du sens — pas un gimmick, un vrai pont culturel
- Un chef avec 20 ans de métier et une vraie signature personnelle
- L’ambiance DJ by Gina qui transforme le dîner en moment
- La carte des cocktails et vins hispaniques — rare à Paris et bien exécutée
- Des prix contenus pour le 11ᵉ chic : 33-41€/personne hors boissons
- Prix « Fusion » aux Time Out Awards 2025 — reconnaissance méritée
Praktische Infos
📍 Adresse : 44 Rue Saint-Sébastien, 75011 Paris
🚇 Métro : Saint-Sébastien-Froissart (ligne 8), Richard-Lenoir (ligne 5), Chemin Vert (ligne 8)
🕒 Horaires : Mardi au vendredi 19h-22h30 · Samedi 12h-15h et 19h-22h30 · Fermé dimanche et lundi
💶 Prix : ~33-41€/personne (entrée + plat + dessert, hors boissons) · Cocktails 14€
🌐 Site web : shuzo.fr
📸 Instagram : @shuzo_paris
👨🍳 Chef : Andrés Ramirez (ex-Rose Bakery, fondateur Doki Doki) · DJ & accueil : Gina Villacob
🏆 Récompense : Time Out Food & Drink Awards 2025 — catégorie Fusion
Questions fréquentes
C’est quoi un izakaya tropical ?
L’izakaya, c’est le bar-restaurant de quartier japonais où l’on mange en petites portions en buvant du sake ou de la bière. La version « tropicale » de Shuzo y ajoute l’ADN colombien : ingrédients (plantain, manioc, tamarillo), musique latino, ambiance festive. Un izakaya qui n’oublie pas qu’il se passe quelque chose dans le monde au-delà du Japon.
Faut-il réserver chez Shuzo ?
Fortement conseillé, surtout les vendredi et samedi soir qui affichent souvent complet. Réservez 5 à 10 jours à l’avance pour les weekends, 2-3 jours pour les soirs de semaine. Le midi du samedi reste plus accessible.
Shuzo est-il adapté pour un dîner en amoureux ?
Plutôt oui — l’intimité de la salle, la lumière tamisée, la musique bien choisie posent une belle ambiance de date. Le bémol : quand Gina passe à 22h, l’ambiance devient plus festive. Si vous cherchez du calme total, visez 19h30-21h.
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